Représentations sociales de l’apprentissage chez les aînés : une perspective intergénérationnelle.

Notice bibliographique

Batista, A. F. (2017). Représentations sociales de l’apprentissage chez les aînés : une perspective intergénérationnelle. Thèse de doctorat en éducation, Université de Sherbrooke, Sherbrooke.

Résumé

La problématique de cette thèse prend sa source dans des données actuelles qui montrent la rapidité et l'intensité du vieillissement populationnel, ce qui génère une augmentation du nombre absolu d’aînés dans la population. De pair avec l’augmentation du nombre d’aînés, de nos jours, grâce aux progrès médicaux et scientifiques, plus d’aînés sont en bonne santé et cela même chez les nonagénaires. Ce panorama peut faire en sorte que plus d’aînés restent actifs, même après la retraite. Dans ce contexte, il est souhaitable de mettre à la disposition des individus des moyens afin d’encourager le vieillissement actif, dont l’apprentissage tout au long de la vie se démarque comme le principal pilier. D’une façon générale, les représentations sociales de la vieillesse et des aînés dans le contexte occidental contemporain sont souvent liées au déclin physique et cognitif. Lorsque le déclin est associé à la vieillesse, l’apprentissage pendant cette phase de la vie peut paraître impossible. La façon par laquelle l’apprentissage chez les aînés est représenté peut influencer l’accès de ces derniers aux activités d’apprentissage, ce qui peut avoir des retombées sur le vieillissement actif. La perspective intergénérationnelle de cette thèse se justifie notamment par l’augmentation des rapports intergénérationnels dans tous les contextes sociaux pour les années à venir. La présente étude a comme objectif général de dégager les représentations sociales de l’apprentissage chez les aînés selon une perspective intergénérationnelle. Les objectifs spécifiques consistent à : 1) Décrire la variété des représentations sociales de l’apprentissage chez les aînés parmi des populations étudiantes d’âges variés, 2) Analyser la distribution des représentations sociales de l’apprentissage chez les aînés, en fonction des catégories sociodémographiques (sexe, âge, niveau de scolarité et intervalle de revenu individuel), 3) Identifier d’éventuelles traces d’âgisme à l’intérieur des représentations de l’apprentissage chez les aînés, 4) Comprendre le lien entre les représentations sociales de l’apprentissage chez les aînés et l’âgisme. La présente recherche a un devis mixte et transversal. Les résultats révèlent l’existence de sept représentations de l’apprentissage chez les aînés : R1 (Les ainés ont besoin de plus de soutien pour apprendre que les jeunes), R2 (Les ainés sont plus autonomes dans l'apprentissage), R3 (Il est impossible que les jeunes et les aînés apprennent ensemble), R4 (La société n'encourage pas l’engagement des aînés dans des activités d’apprentissage), R5 (Les stratégies et le sens de l'apprentissage des jeunes et des aînés sont différents), R6 (Les jeunes et les aînés ont les mêmes capacités d'apprentissage) et R7 (L'acte d’apprendre est productif et lié à la jeunesse), qui obtiennent des degrés d’adhésion divers au sein de la population. Nous observons des associations significatives entre certaines représentations sociales de l’apprentissage chez les aînés et l’âge, le niveau de scolarité et le revenu individuel. Les résultats mettent aussi en lumière les représentations de l’apprentissage chez les jeunes qui sont fortement associées à l’insertion et au maintien dans une vie productive au travail, alors que le sens de l’apprentissage pendant la vieillesse est davantage associé à la quête d’épanouissement personnel. C’est ainsi que l’apprentissage informel finit par être considéré comme étant la modalité d’apprentissage la plus fréquente pendant la vieillesse. L’avancement des connaissances généré par la présente thèse peut contribuer : 1) À la mise en œuvre et à l’amélioration des activités d’apprentissage qui ont comme cible la population aînée, ce qui peut stimuler l’engagement de cette population à des activités d’apprentissage, 2) À la promotion du vieillissement actif, même indirectement, 3) À la réduction de l’âgisme envers les aînés et 4) À l’augmentation de la compréhension de la dynamique établie entre les générations.

Membres du CÉRTA impliqués