L’ambivalence intergénérationnelle lors du passage à la formation générale des adultes des jeunes adultes non diplômés âgés de 16 à 25 ans.

Notice bibliographique

Baril, D. (2013). L’ambivalence intergénérationnelle lors du passage à la formation générale des adultes des jeunes adultes non diplômés âgés de 16 à 25 ans. Mémoire de maîtrise en orientation, Université de Sherbrooke, Québec.

Résumé

Ce mémoire par article s’intéresse aux relations entre les jeunes adultes non diplômés de passage en formation générale des adultes et leurs parents, en s’appuyant particulièrement sur le concept d’ambivalence intergénérationnelle. Il s’insère dans l’Évaluation réaliste du Programme d’aide pour favoriser le retour en formation des 16-24 ans (Bourdon, Bélisle, Yergeau, Gosselin, Garon et Thériault, 2011a), l’un des projets de recherche du Centre d’études et de recherches sur les transitions et l’apprentissage (CÉRTA). L’article découlant de ce mémoire a été soumis à la revue internationale Enfances Familles Générations. Au Québec, de nombreux jeunes adultes non diplômés, ayant interrompu ou non leurs études secondaires, privilégient la formation générale des adultes pour obtenir un premier diplôme du secondaire. Il n’est pas rare qu’ils rencontrent des difficultés les amenant à interrompre leurs études une fois qu’ils y sont inscrits. Afin de favoriser la diplomation de ces jeunes adultes, le Programme d’aide pour favoriser le retour en formation des 16-24 ans cible notamment leurs parents. La littérature scientifique montre que les parents peuvent avoir une influence notable sur la scolarisation de leurs enfants, que ce soit pendant leurs études secondaires ou postsecondaires, mais, du côté des jeunes adultes inscrits à la formation générale des adultes, les résultats sont plus timides. On sait par ailleurs que les relations entre les jeunes adultes non diplômés et leurs parents sont susceptibles d’être affectées, positivement ou non, par les différentes transitions de vie (décohabitation, fin des études, parentalité, etc.) vécues par les jeunes adultes, incluant notamment les transitions scolaires moins typiques. Dans un contexte d’allongement de la proximité et de dépendance des jeunes adultes vis-à-vis leurs parents, la question suivante est posée : Quelle est l’influence des relations parents-enfants sur le parcours scolaire des jeunes adultes non diplômés de passage à la formation générale des adultes? Le cadre d’analyse examine les relations parents-enfants sous l’angle de l’ambivalence intergénérationnelle (Lüscher, 2002; 2005; Lüscher et Pillemer, 1998). À la suite du cadre d’analyse, un objectif général de recherche est identifié : Comprendre l’ambivalence intergénérationnelle entre les parents et les jeunes adultes non diplômés de 16 à 25 ans et son lien avec le parcours lors du passage à la FGA. Celui-ci se décline en deux objectifs spécifiques : 1) Décrire l’ambivalence intergénérationnelle selon le type de parcours scolaire : a) les jeunes adultes étant passés directement du secteur des jeunes à la FGA, et b) les jeunes adultes ayant interrompu leurs études secondaires avant de passer à la FGA, 2) Identifier et décrire les formes de gestion de l’ambivalence intergénérationnelle. Pour répondre à ces objectifs, une méthodologie qualitative a été privilégiée. Par ailleurs, la technique d’analyse des données est l’analyse thématique séquenciée. Le corpus est composé de 30 entrevues semi-dirigées de jeunes adultes non diplômés de passage à la FGA lors de leur participation au Programme 16-24. Des données sociodémographiques ont été recueillies à l’aide de questionnaires. Les analyses montrent que les parents demeurent bien souvent impliqués affectivement dans la scolarisation de leur enfant. La plupart du temps, ils ne sont jamais loin derrière, que ce soit pour les soutenir et les encourager scolairement ou pour leur rappeler, voire leur imposer, directement ou non, leurs attentes scolaires. Aussi, les relations avec les parents des jeunes adultes étant passés directement du secteur des jeunes à la FGA présentent peu d’ambivalence comparativement à celles des jeunes adultes ayant interrompu leurs études secondaires avant de passer à la FGA. Dans l’ensemble, on observe la mise en œuvre des quatre grandes stratégies de gestion de l’ambivalence de Lüscher, mais la nature de celles-ci semble en grande partie dépendre du fait que le passage à la FGA se fasse en continuité à la suite des études au secteur des jeunes ou après une interruption significative de la scolarité.

Membres du CÉRTA impliqués