Le groupe d’insertion sociale et professionnelle : apprentissages et développement au coeur de l’activité collective de personnes en situation de chômage de longue durée.

Notice bibliographique

Dionne, P. (2015). Le groupe d’insertion sociale et professionnelle : apprentissages et développement au coeur de l’activité collective de personnes en situation de chômage de longue durée. Thèse de doctorat en éducation, Université de Sherbrooke, Sherbrooke.

Résumé

Cette recherche porte sur l’activité au cours des groupes comme source d’apprentissage et de développement des personnes en chômage de longue durée en vue de leur insertion sociale et professionnelle (ISP). En matière d’insertion sociale et professionnelle, plusieurs pays occidentaux choisissent de mettre en place de tels programmes de groupe afin de répondre aux besoins d’accompagnement de personnes en situation de chômage de longue durée. Ces groupes sont mis sur pied, au Québec, dans un contexte d’éducation non formelle par des organismes communautaires. La plupart des recherches sur des programmes de ce type démontrent une efficacité significative quant à l’insertion en emploi et à la progression de certaines variables intermédiaires favorables à l’ISP. Pour certaines personnes, la participation n’engendre cependant pas les effets escomptés, ce qui peut susciter chez ces dernières une perte d’espoir quant aux possibilités de s’insérer sur le marché du travail. L’analyse de diverses programmations en lien avec l’ISP montre l’omniprésence des instruments langagiers, qui sont mobilisés oralement et à l’écrit au cours de l’activité des groupes. La compréhension de la médiation des instruments langagiers dans les rencontres individuelles a fait l’objet de plusieurs travaux dans le champ de l’orientation, mais peu concernent à ce jour l’activité des groupes d’ISP. La présente recherche mobilise la théorie culturelle-historique de l’activité, qui offre une assise conceptuelle permettant, notamment, de conceptualiser le rôle de la médiation de ces instruments langagiers au cours du développement des personnes participantes ainsi que dans la transformation de l’activité collective. Deux échelles d’analyse sont considérées : l’activité collective, d’une part, et l’activité subjective des personnes participantes, d’autre part. Sur le plan méthodologique, la présente étude prend ses assises sur l’analyse secondaire des données d’une recherche évaluant le programme Personnes et communauté en mouvement, (Michaud, Bélisle, Garon, Bourdon et Dionne, 2012a, 2012b), qui s’est déroulée pendant 18 mois auprès de personnes en chômage de longue durée. Sur deux sites où ce programme a été mis en place, des études de cas interprétatives ont été réalisées à partir des sources d’informations qualitatives disponibles : 1) entrevues; 2) journaux de bord des intervenantes ; 3) observations et journaux de terrain et 4) collecte de documents témoins. Ces études de cas incluent un suivi du parcours, des apprentissages et du développement de dix personnes participantes en situation de chômage de longue durée. L’analyse montre que la contribution des personnes participantes à la résolution en groupe des contradictions et au développement de l’activité collective dynamise les apprentissages et le développement de ces personnes en vue de leur ISP. Les apprentissages réalisés peuvent susciter des contradictions qui, médiatisées par des instruments langagiers, suscitent le développement, c’est-à-dire l’établissement d’un rapport plus volontaire et conscient à soi, à soi agissant dans et sur le monde, à autrui et au monde. La théorie culturelle-historique de l’activité s’avère pertinente pour comprendre les liaisons entre deux échelles d’analyse, à savoir 1) le système d’activité mobilisé par l’activité collective des groupes d’ISP et 2) l’apprentissage en lien avec l’ISP ouvrant sur le développement des personnes participantes. Par la considération des relations entre ces deux échelles d’activité et une proposition de catégories d’instruments mobilisés au cours de l’activité, cette recherche contribue à la théorie culturelle-historique de l’activité.

Membres du CÉRTA impliqués